Les États-Unis et la justice internationale
Fin 1978, le Cambodge est libéré de l'emprise des Khmers rouges par le Vietnam. Pas de chance pour les Cambodgiens, le Vietnam est un allié de l'URSS. En pleine guerre froide, les États-Unis (soutenus par les occidentaux et la Chine) ne reconnaîtront pas le nouveau régime. L'ONU niera pendant longtemps toutes les exactions du régime de Pol Pot et bloquera toute tentative de juger les dirigeants Khmers rouges, protégés de fait (bien qu'en 1979, un « tribunal populaire révolutionnaire » cambodgien ait condamné à mort par contumace Pol Pot et M. Ieng Sary, son vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères).
En 2003 seulement, après d'âpres négociations et une inertie incroyable, le Cambodge et l'ONU se mettent d'accord pour organiser un procès en 2007, près de 30 ans après la fin du régime de Pol Pot et 9 années après la mort de Pol Pot lui-même. Dans cette histoire, les États-Unis ont accepté le principe du procès à la condition qu'il soit compétent pour ne juger que les crimes commis au Cambodge entre le 17 avril 1975 et le 6 janvier 1979. Après avoir protégé (et même soutenu) Pol Pot pendant des années, les États-Unis ne remettront pas en cause leurs propres exactions (et celles de leurs alliés)...
Rappelons qu'il s'est écoulé exactement 3 ans entre la capture et la pendaison de Saddam Hussein. Les Irakiens ont su mener un procès (entâché de nombreuses irrégularités) très rapide et qui ne résout absolument rien. On reconnaîtra ici encore l'influence des États-Unis qui peuvent très bien accélérer les choses lorsque leurs intérêts vont en ce sens...
Simulacre de justice poussé à l'extrême dans un sens ou dans l'autre, les États-Unis sont décidément une nation démocratique bien ambiguë.
Pendant ce temps, en France
Nicolas Sarkozy souhaite réduire de 4 points de PIB les prélèvements obligatoires. Soit « davantage que toutes les recettes cumulées de l'impôt sur le revenu, de l'impôt sur les successions et de l'impôt de solidarité sur la fortune ». Ou bien « quatre fois le budget de l'Enseignement supérieur et de la recherche ». Ou bien « plus de 50 % des dépenses de santé ».
Mais bien sûr... Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu. Finalement, pas étonnant que Nicolas Sarkozy brigue la succession de Jacques Chirac. Entre bonimenteurs, la transition ne devrait pas être trop difficile...
Ceci dit, le Parti Socialiste ne fait pas mieux : le coût des 2 programmes (UMP/PS) est évalué entre 35 et 50 milliards d'euros (ce que le PS a toutefois l'honnêteté de reconnaître). L'UDF fait légèrement mieux avec un programme à 20 milliards d'euros. Dans ces conditions, impossible de financer toutes ces promesses avec des budgets équilibrés. Elle a bon dos la dette publique...