Porter (Mel Gibson) est un gangster freelance de Chicago. Poussé par sa femme Lynn, il fait équipe avec Val pour truander la mafia chinoise. Avec un piteux bilan de 140 000 dollars. Manque de bol, Val a besoin à lui seul de 130 000 dollars pour s'acheter une place dans la puissante organisation de la pègre de Chicago : le Syndicate. Val, avec la complicité de Lynn descend donc Porter et s'empare du butin.

Raté ! Laissé pour mort, Porter ne l'était pas tout à fait. [NB: un bon truand devrait toujours vérifier l'état de mort de ses victimes]. À son retour, il n'a qu'une idée en tête, récupérer sa part : 70 000 dollars, c'est une simple question d'honneur. Et en tout état de cause, faut pas enquiquiner Porter sur une question d'honneur. Un rien dépité, il va mettre sans dessus-dessous la pègre de Chicago, en commençant par Val puis en remontant tous les échelons du Syndicate...

Avec Payback, Bryan Helgeland met en scène un thriller efficace au cœur des quartiers corrompus de Chicago, avec un goût prononcé pour l'esthétisme très sombre et très glauque des films policiers des années 70. Le réalisateur remet le style au goût du jour et parvient même à me faire mentir : Mel Gibson ne fait pas que des gros navets (enfin, c'est vrai que pour celui-ci, il s'est contenté de --très bien-- jouer). Dans Payback, Porter est sans états d'âme et va croiser tour à tour des flics corrompus, des putes embrigadées, des truands organisés, sans oublier la rancœur de Chinois qui n'ont pas la mémoire courte... Payback est au bout du compte un thriller réussi, à la fois noir et éprouvant, et d'une certaine façon très enivrant (il est jouissif de voir la placidité de Porter en pleine recherche de la personne qui sera à même de lui rendre sa part. On se prend à rêver d'un règlement aussi simple quand les choses ne vont pas dans l'administration française...)

Enfin, mention spéciale à Lucy Liu en dominatrice SM très attachante.