Londres, en 2027. L'humanité est stérile depuis presque une génération. L'Angleterre est devenue le refuge d'une humanité qui a sombré dans le chaos. Pour se défendre de l'extérieur comme de l'intérieur, le gouvernement a mis en place une politique dictatoriale ultra-sécuritaire où la police est omniprésente. Les réfugiés qui affluent en masse sont traîtés comme du bétail et expulsés ou exterminés au plus vite. Des groupuscules de résistance (forcément clandestins) se forment et tentent de réveiller une civilisation qui sombre...

Dans cette société sinistre, le plus jeune être humain est assassiné à l'âge de 18 ans... Le pays est sous le choc, déjà traumatisé par la situation désespérée. À ce moment, Théo (Clive Owen, très juste), quadragénaire désabusé et proche de l'alcoolisme, est enlevé par Julian (Julianne Moore, magnifique comme toujours), son amour de jeunesse à l'époque où ils étaient tous 2 militants politiques. Julian est dorénavant à la tête d'un groupuscule activiste qui lutte pour les droits des réfugiés. Théo se voit confier une mission : il doit protéger Kee, jeune réfugiée enceinte, la 1e femme enceinte depuis près de 20 ans...

Dans «Les Fils de l'homme» (quel traduction bizarre... Préférer la VO évidemment), Alfonso Cuaron décrit un futur proche finalement pas si différent que ça de notre présent. L'enchaînement (en tout cas, ce qui nous en est dévoilé) a sa propre logique : l'humanité est frappée de stérilité (pour une raison inconnue), avec pour conséquence sa disparition inéluctable. La procréation et l'éducation des générations suivantes étant à la base de notre système social, celui-ci s'écroule entraînant la chûte de toutes les civilisations. Le seul pays qui arrive à se maintenir le fait au prix d'une répression de premier ordre, contre l'extérieur sans foi ni loi, mais aussi contre ses propres citoyens partagés entre révolte et dépression. L'enfance est l'avenir de l'humanité. Sans elle, celle-ci s'effondre...

Un avenir noir et inquiétant tellement il pourrait devenir vrai. Alfonso Cuaron ne nous épargne rien de l'impitoyable quotidien de ces gens, tourné avec un réalisme implacable. Des forces de police et d'armée sans pitié face aux activistes et aux réfugiés. Privée d'enfants, l'humanité se déchaîne et dévoile ses pires instincts. Et perd sa propre humanité. «Les Fils de l'homme» est un véritable succès d'anticipation dont il est difficile de sortir indemne.