Jamait | Jean-Louis (ou le monologue du client) | 2006
Par M, vendredi 15 septembre 2006 à 12:12 - Humeur musicale - #107 - rss
Jamait parle du temps qui passe, des petites choses de la vie, du bonheur désabusé et du malheur lanscinant mieux que personne. Place à l'artiste :
Vois-tu mon vieux Jean-Louis,
J'ai comme des langueurs.
C'est semblable à des cris,
Ça vient de l'intérieur.
Ça me déchire un peu,
Jusque dans les artères,
Comme ce vin trop vieux,
Qu't'aurais laissé ouvert.
Ce monde-là m'écœure.
Regarde-les, nos chefs
Qui font pousser des fleurs
Au bord des SDF.
On les emmerde tous,
Sers-moi n'importe quoi,
J'm'en fous ! pourvu qu'ça mousse,
Et toi, qu'est-ce que tu bois ?S'ils nous prennent pour des cons
Ne fait-on pas tout pour ?
Y'a plus d'révolutions,
Mais y'a toujours une cour.
Ils nous fliquent, ils nous guettent,
Nous brident et nous contemplent.
Moi j'veux bien être honnête,
Mais je manque d'exemple.
Ils n'en ont pas fini
De nous laisser pour dupes.
Pratiquant l'alchimie,
Celle du parachute.
Tandis qu'on se bat pour
Ramasser quelques miettes,
Ces coqs de basse-cour,
Enfoirés, nous raquettent.On parle, on parle, mais il se fait tard,
C'est bientôt la fin du monde et j'ai plus rien à boire.Ce monde nous échappe
On n'est plus que des cons
À passer à la trappe,
Celle des générations.
Je regarde mon ombre,
Elle ne me ressemble pas,
Elle est plus grande que moi,
Tiendra-t-elle dans ma tombe ?En attendant ce jour
Qui s'ra peut-être une nuit,
J'voudrais un peu l'amour
D'une femme jolie
Qui oublierait mon âge
Et serait amoureuse,
Enfin, même de passage,
Que je rendrais heureuse.
Je voudrais de son corps
Parcourir les silences,
Ne faire en m'approchant
Pas plus de bruit qu'une ombre,
Qu'elle m'ouvre les bras
Et accepte la danse,
D'un sourire éclairant
Son visage trop sombre.Vois-tu ? J'ai mal aimé,
Tu vois, j'ai mal au corps.
Et j'en ai mal encore
Tellement j'ai mal aimé.
Mais, j'en ai vu passer
Des pachydermes roses ;
Bien plus souvent c'est vrai
Que j'l'ai cueillie... la rose.On parle, on parle, mais il se fait tard,
C'est bientôt la fin du monde et j'ai plus rien à boire.Je me sens tellement seul
Que j'en ai le vertige.
Je sais, je suis pas l'seul,
Mais toi, au moins, tu piges.
De cette solitude
J'ai fait mon ordinaire.
Pour prendre l'habitude
J'ai laissé le temps faire.Vois-tu, mon vieux Jean-Louis,
Là-haut la lune est pleine.
Je sens bien qu'moi aussi,
Mais j'ai tellement de peine.
Boire, ça réchauffe le coeur,
Même si ça nique le foie.
Pour sortir d'la torpeur
Que veux-tu, je bois.Allez mon vieux Jean-Louis,
Sers m'en donc une dernière,
Je m'sens un peu aigri,
Pour tout dire, j'suis amer.
Nos vies se recroquevillent,
Il va falloir s'y faire,
Le monde part en vrille
Mais qu'il aille donc se faire...On parle, on parle, mais il se fait tard,
C'est bientôt la fin du monde et j'ai plus rien à boire.On parle, on parle, mais il se fait tard,
C'est bientôt la fin du monde et j'ai plus rien à boire.


Commentaires
1. Le vendredi 15 septembre 2006 à 12:48, par la gabacha
2. Le vendredi 15 septembre 2006 à 12:54, par M
3. Le samedi 23 septembre 2006 à 19:25, par Mimie
4. Le samedi 23 septembre 2006 à 19:39, par M
5. Le mardi 26 septembre 2006 à 21:39, par Mimie
6. Le mercredi 27 septembre 2006 à 16:42, par Pkh
7. Le mercredi 27 septembre 2006 à 16:48, par Mimie
8. Le lundi 2 octobre 2006 à 21:45, par AL
9. Le vendredi 13 octobre 2006 à 23:32, par Mimie
10. Le lundi 23 octobre 2006 à 17:08, par TiStE
11. Le dimanche 17 décembre 2006 à 12:04, par M
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