Violence et résistances à Guantánamo

Les prisonniers ont été soustraits au monde du droit par une administration Bush qui souhaite agir à sa guise, en se confectionnant son propre mode opératoire hors de toute contrainte démocratique légale, hors de tout traité international.

À Guantánamo (sur l'île de Cuba, comme un symbole du mépris des États-Unis pour ce pays), M. Georges W. Bush a mis en place une zone de non-droit où seul règne «l'intérêt supérieur de l'Amérique», où la torture est systématisée et les Droits de l'Homme complètement bafoués (on pourra également lire le sort de M. Zacarias Moussaoui et la passivité de la France à son sujet). Ce n'est pourtant pas la 1e fois que le gouvernement des États-Unis organise un mensonge de cette taille. On pourra citer parmi les plus connus le scandale du Watergate, ou bien la 3e guerre du Golfe.

Tchernobyl : l'État français en procès.

Pendant ce temps-là, à Paris...

Souvenez-vous, suite à cette explosion, un énorme nuage radioactif survola toute l'Europe. Toute ? Non, car un pays peuplé de politiciens menteurs, de scientifiques acquis à la cause du lobby nucléaire, de groupes agricoles plus soucieux de la santé de ses finances que de la santé de ses consommateurs, résista et résiste encore au nuage.

C'était en 1986. Cette année-là, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, se fissure et libère une grande quantité de particules radioactives. La catastrophe sera européenne puisque le nuage qui s'ensuit survolera toute l'Europe. La plupart des pays européens concernés (Pologne, Danemark, Norvège, Finlande, Suède, Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Italie, Grèce, etc.) prendront des mesures de sécurité et informeront les habitants. Sauf la France, remarquable de passivité sur le sujet, et malgré le fait que les autorités, le gouvernement et les scientifiques étaient au courant du niveau élevé de radioactivité atteint en France (en particulier dans l'est et en Corse).

Ce ne sera pas le seul coup d'éclat de la France. Ce mensonge prend place dans une longue liste dont on se souviendra par exemple de l'affaire du sang contaminé, du génocide au Rwanda ou très récemment de l'amnistie de Guy Drut.

Moralité de l'histoire

Tout ceci se passe dans un climat d'indifférence générale à la politique, marqué par une augmentation continue de l'abstention à toutes les élections. Les Français seraient-ils fatigués d'aller voter ? La politique ne les intéresse plus ? La France serait devenue une vieille démocratie blasée ?

Une exception à cette tendance peut donner une autre lecture de la situation : le référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Les Français se sentent concernés par la politique qui les engagent ou qui engage la France. Rarement un débat aura été aussi productif et ouvert que celui sur la Constitution européenne. Rarement les échanges auront impliqués autant de monde, que ce soit par des débats dans les médias, mais aussi directement au niveau des citoyens, par des rencontres et des débats locaux, ou encore sur la blogosphère qui a été étonnament active (et réactive).

Tout ceci pour dire que les Français en ont peut-être marre de se faire mener en bateau. La Politique avec un grand P a été enterrée il y a bien longtemps et tous les hommes politiques actuels étaient dans le cortège funéraire. Le jour où ces gens-là auront réellement pris conscience de ce problème et prendront leurs responsabilité ; le jour où ces personnes ne viseront que l'intérêt du plus grand nombre et non le leur (à savoir se maintenir au pouvoir) ou celui de leurs proches ou de quelques multinationales largement établies ; ce jour-là, le peuple retournera peut-être voter, les citoyens se sentiront peut-être à nouveau concernés par la Politique.

Malheureusement, ça ne semble pas être pour tout de suite...