Alors que l'on débat en ce moment-même du projet de loi sur l'immigration du ministre de l'Intérieur M. Nicolas Sarkozy (dont le père est un immigré Hongrois), l'Assemblée Nationale a été le siège d'un joli dérapage du ministre délégué à l'Aménagement du Territoire M. Christian Estrosi * (dont les grands-parents sont des immigrés Italiens). Celui-ci souhaite ni plus ni moins que les immigrés méritent leur future nationalité française, qu'ils soient fiers d'être accueillis par «notre grande et belle nation». Et pour le prouver, il faut qu'ils en bavent. Heureusement, les préfectures sont là pour ça.

Ce qui est chouette avec ces immigrés si fiers de venir en France, c'est qu'on leur rend bien. La France est un vrai pays d'accueil, où on accueille bien les étrangers, où l'on prend bien en compte leurs spécificités. Tout ça pour qu'ils puissent s'intégrer en France sans renier leur culture, leur histoire, leurs origines. C'est tout du moins l'image que la France défend aux yeux du monde.
«Personne ne peut s'intégrer dans une société inhospitalière», souligne Marie Rose Moro, ethnopsychiatre dans un hôpital de Seine-Saint-Denis. Elle illustre avec quelques exemples ce décalage entre l'imagerie de la France et la réalité.

(Ça me rappelle ce fumeux débat sur la laïcité, où l'on voulait faire croire qu'il s'agissait de circoncire la religion à la stricte sphère privée alors que la laïcité est simplement là pour permettre l'expression publique de toutes les religions, sans discrimination aucune. Mais ceci est un autre débat.)

Un autre qui ne manque pas de conviction, c'est le ministre de la Cohésion Sociale, M. Jean-Louis Borloo. Manque de bol, il est soutenu par un groupe parlementaire et encadré par un premier ministre et un président qui n'ont pas du tout les mêmes. Résultat, son projet de loi «engagement national pour le logement» (ENL) est peu à peu vidé de sa substance, en particulier l'obligation pour les villes d'atteindre le quota de 20% de HLM. Même le lobbying de l'abbé Pierre auprès du Président de la République n'arrivera pas à le faire changer d'avis (enfin, le faire revenir à son avis initial avant que le vent ne souffle à nouveau, faisant tourner la girouette en sens inverse).

Heureusement, il y a quand même quelques bonnes nouvelles sur le front de l'intérieur, annoncées par le premier ministre M. Dominique de Villepin lors d'une conférence de presse. «Aujourd'hui je veux le dire avec force : nous sommes sur la bonne voie.» Les points positifs soulignés sont l'emploi (sans doute n'avons-nous pas accès aux même chiffres) et la croissance (un libéral qui se satisfait de 2% de croissance, on aura tout vu). «Je ne suis pas un homme de bilan. Mais je tiens à souligner que le travail de la majorité et du gouvernement porte ses fruits.»
S'il le dit, c'est que c'est vrai, non ? C'est juste un problème de conviction après tout...

Le Borgne doit quand même bien se marrer dans son coin...


* M. Estrosi qui fait partie, ô surprise, de la garde rapprochée de M. Sarkozy.