Dai Sijie - Balzac et la Petite Tailleuse chinoise (2000)
Par M, lundi 29 mai 2006 à 01:06 - Brouillon de culture - #56 - rss
Les voyages ont ça de bien qu'on passe plein de temps dans les avions et les aéroports. Résultat, j'en ai profité pour lire un peu. Juste assez pour commencer et finir cette superbe histoire...
Dai Sijie narre l'histoire d'un jeune chinois de 17 ans envoyé en rééducation en 1971 avec son ami Luo (18 ans) dans une montagne de la Chine profonde appelée «le Phénix du Ciel». Leur crime ? Être issus de familles qui ne correspondent pas à l'idéal révolutionnaire, des «ennemis du peuple» (en fait, de simples médecins et dentistes). Au cours de la rééducation, un jeune issu d'une famille normale (c'est-à-dire révolutionnaire) ouvrière ou intellectuelle a 100% de chances de rentrer au bout de 2 ans. Pour les jeunes issus d'une famille «ennemie du peuple», la probabilité est de 3 pour mille...
Malgré cette situation sans espoir, le narrateur et son ami Luo vont apprendre la force de leur amitié. Ils devront travailler aux champs, à la mine, faire face à un chef de village totalement dévoué à la cause révolutionnaire. Ils rencontreront aussi la Petite Tailleuse chinoise dans un village voisin et connaîtront alors l'amour. Luo deviendra l'amant de la Petite Tailleuse. Le cours de leur histoire va basculer lorsqu'ils découvrent un jour que le Binoclard, un autre jeune en rééducation, possède une caisse de bouquins, soigneusement cachés. Ils s'initient alors à Balzac, Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Rousseau, Tolstoï, Dostoïevski, Dickens, Kipling... tous interdits par la dictature chinoise. Luo prête alors serment :
- Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera jamais plus une simple montagnarde.
Un livre magnifique qui transcende l'amitié et l'amour. Un voyage dans la Chine révolutionnaire, refermée sur elle-même. Et surtout une ôde au pouvoir des livres, des histoires et de la musique. Le livre se termine par cette très belle phrase :
- Elle m'a dit que Balzac lui a fait comprendre une chose : la beauté d'une femme est un trésor qui n'a pas de prix.


Commentaires
1. Le lundi 29 mai 2006 à 03:30, par la gabacha
2. Le lundi 29 mai 2006 à 09:51, par AL
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