Affaires de journalicitaires.
Par M, jeudi 20 avril 2006 à 17:48 - Décryptage et actualité - #44 - rss
Alors que l'avènement de l'Internet permet une diffusion incroyable de l'information et une diversification des sources sans limites, le fossé qui sépare la société de l'information (et en particulier les journalistes) et le public n'a jamais paru aussi grand. Marc Endeweld [1] décrypte les changements d'approche des télévisions pour le Monde Diplomatique.
Plongée à l'intérieur des journaux télévisés [2]
«Le journaliste n'est plus chargé de construire une information, mais de mettre en forme celle qui se vendra»
Je résume : le journalisme doit tendre vers une information à flux tendu, de proximité (exit l'international), avec du rythme, apolitique et centrée sur l'image qui ne doit pas lasser (tantôt sensationnelle, tantôt relaxante). Le maître mot est l'audience, quel qu'en soit le coût. La qualité de l'information passe au second plan, si ce n'est encore plus loin. Ou comment l'information est passée d'un système descendant (l'information est au centre et descend vers le spectateur, actif, pour lui permettre de se forger une opinion) à un système ascendant (le spectateur, passif, est au centre et l'information doit être calibrée pour lui plaire).
Affligeant.
Toujours plus court... [3]
Avec l'exemple par les nombres du JT de TF1 entre 1974 et 2004. Pas de commentaire à ajouter.
« Une bonne histoire de télévision » [4]
Après la géniale annonce très insipirée du retrait de la vie politique d'Alain Juppé, David Pujadas continue dans le sensationnalisme à outrance. Heureusement pour lui, il n'est pas seul, et c'est ainsi qu'on voit toutes les télévisions françaises embrayer sur le racolage, sur le désir de raconter des «histoires» aux téléspectateurs au détriment de l'information. On ne parle même plus là d'objectivité mais bien d'inventions pures et simples des journalistes. Illustration par la couverture du cyclone Katrina à la Nouvelle-Orléans et par la commémoration des 20 ans de la ligue contre la violence routière.
Journalistes ou intervenants « corporate » ? [5]
Où l'on voit encore que la limite entre journalisme et communication s'amenuise de plus en plus, à la faveur d'activités «corporate» : à savoir, la présentation, l'animation de séminaires, de rencontres, pour le compte d'une entreprise par un journaliste (de renom de préférence). Le journaliste devient de ce fait une vitrine pour attirer le chalant, un étendard pour encore plus de publicité.
Télévision sans frontières, publicité sans limites [6]
Et pendant ce temps-là, l'Europe rattrape son retard sur les États-Unis : un projet de la Commission européenne cherche à lever les derniers restrictions à l'invasion de la télévision par la publicité («sponsoring» autorisé des films et séries, plus de temps minimum entre 2 plages de pubs d'un même annonceur).
[1] : Marc Endeweld est journaliste. Spécialiste des problèmes de société (emploi, retraites, etc.), il a collaboré avec Politis, Le Courrier (Suisse), Le Grand Soir, ...
[2] : Une copie d'archive de cet article est disponible ici.
[3] : Une copie d'archive de cet article est disponible ici.
[4] : Une copie d'archive de cet article est disponible ici.
[5] : Une copie d'archive de cet article est disponible ici.
[6] : Une copie d'archive de cet article est disponible ici.

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