Certaines circonstances me plongent facilement dans des réflexions morbides...

« Où va t-on, quand on a les yeux fermés ? »

Romain Humeau et sa bande ont, je trouve, très bien répondu à la question. Nulle part, si ce n'est dans la tête de ceux qui nous aiment, avant de partir pour de bon, petit à petit. Une 2e disparition qui guette le disparu, en douceur, un glissement infini, puis plus rien. Au néant.


Un arrière gout de nulle part
Avec vue sur le vide
Dans l'iris d'un aveugle
La fuite des profils
S'obstiner à rester, s'accrocher
S'accrocher à rien
Mais au moins ça on connait

Où va-t-on quand on a les yeux fermés ?
Où va-t-on quand on a les yeux fermés ?

Peut-être dans ta tête
Resterai-je un peu
Et pour la deuxième fois
Mourir à petit feu
En flamme incandescente
De ce monde incensé
Et mon empire des sens, alors moi.
Qu'est ce que j'en fais ?
J'étais venu pour la poser
La question surannée

Où va-t-on quand on a les yeux fermés ?
Où va-t-on quand on a les yeux fermés ?

Qu'est ce que vous croyez ?
Et ça veut dire quoi
Toutes ces bouches bées ?

Peut-être dans leur crâne
Insisterai-je un peu ?
La dernière allumette
S'enflammerait avec eux
A la vitesse indécente
De ce monde irrévérencieux
Je la tire ma révérence
Et vous laisse le soin de faire
J'étais venu pour remuer
La question dans la plaie

Où va-t-on quand on a les yeux fermés ?
Où va-t-on quand on a les yeux fermés ?

Moi je n'irai
Que si l'on y va
Comme on va, comme on va au baiser

Les yeux fermés, bouche à bouche bées
Les yeux fermés, bouche à bouche bées...